Iris Van Herpen : « Sculpting the senses » 


L’univers multidisciplinaire et visionnaire d’Iris Van Herpen est mis en lumière au musée des Arts Décoratifs à Paris jusqu’au 28 avril 2024 au travers de plus de 100 pièces de haute couture. Faisant usage de la technologie comme nulle autre, Iris Van Herpen transgresse les normes traditionnelles et barrières de la mode. Née aux Pays-Bas, et formée chez Alexander McQueen, elle ouvre sa propre maison en 2007 à Amsterdam. L’innovante designer a notamment remporté le prix, tant convoité, de l’ANDAM en 2014, récompensant son univers hors du commun. Cette exposition rétrospective nous invite à plonger dans l’univers futuriste et fantastique de la créatrice, interrogeant la place du corps et du vêtement dans l’espace et dans notre monde en mutation. Intitulée “Sculpting the senses”, l’exposition est divisée en 11 thématiques accompagnées d’une bande sonore réalisée spécifiquement par Salvador Breed pour une véritable expérience immersive. 


L’eau et les rêves 

L’eau est l’élément clé de beaucoup de pièces d’Iris Van Herpen et en est même le coeur dans la collection “Crystallization”. À l’état liquide, solide ou gazeux, cet élément présent dans le corps humain est représenté sous multiples formes : de la goutte de pluie au tsunami, de façon harmonieuse ou chaotique, ses pièces deviennent des véritables oeuvres aquatiques et ce, grâce à un panel de techniques et matériaux variés comme le verre soufflé, le plexiglas, le mylar, ou encore le simax. 


La vie en profondeur 

Les océans, ces vastes étendues d’eau, sont constitués de micro-mondes souvent méconnus et souvent invisibles à l’oeil nu. La collection “Sensory Seas” s’inspire grandement du monde marin. En passant du plancton aux plus grands animaux marins, ces tenues semblent prendre vie et reflètent – tant par la forme que la texture – ce monde merveilleux. 



Les forces du vivant 

Le vivant comme la nature sont des grandes sources d’inspiration. Le petit (le microscopique tout particulièrement) suscite la créativité d’Iris Van Herpen et celle-ci veut en révéler la beauté avec des pièces qui viennent fusionner avec les corps, mêlant la science et l’art dans sa collection “Earthrise”. Par ailleurs, l’usage de plastique recyclé pour ses pièces traduit sa préoccupation pour l’environnement. 

Le squelette incarné

L’exposition n’a pas manqué de nous présenter les lieux d’inspiration de la créatrice que sont son cabinet de curiosités, sa galerie d’anatomie et son atelier. On y dénote qu’Iris Van Herpen étudie les corps dans leur moindre détail, pour faire des pièces de couture qui en sont l’extension, au travers de techniques telles que la radiographie créative ou l’IRM artistique. La frontière qu’est notre peau est brisée, et la créatrice nous dévoile alors un tout nouveau corps. 

La dynamique des structures 

La créatrice a un intérêt particulier pour tous les types de structures qu’elles soient artificielles, naturelles, organiques, architecturales… Les champignons par exemple sont à eux-mêmes un monde à part et intriguent la créatrice de par leur structure générative et tous ces filaments entremêlés. La collection “Roots of Rebirth” est un hymne de la nature. On note aussi un attrait pour les cathédrales dans ses pièces de haute couture qui célèbrent le gothique avec notamment la Cathedral Dress


Synesthésie 

La fascination pour le cerveau, la synesthésie et l’hypnose transparait dans la couture de la créatrice. Au-delà du spectacle visuel de ses pièces, Iris Van Herpen, passionnée de neurologie, cherche à nous faire ressentir un trouble, à stimuler nos sens par les textures et les formes, pour vivre une expérience émotionnelle. 


Atelier alchimique 

Cet atelier retrace le chemin et les techniques d’Iris Van Herpen au travers de nombreux échantillons créés en collaboration avec d’autres artistes et scientifiques comme Kim Keever, Philip Beesley ou encore Neri Oxman, soulignant les techniques tant modernes que traditionnelles pour réaliser ces créations ; comme le moulage en silicone, l’impression 3D, la sculpture aimantée… 

Cabinet de curiosité 

Le cabinet de curiosités révèle les disciplines passionnant la créatrice, sa soif de découverte, son esprit créatif et sa vision hollistique, mais aussi des objets hétéroclites et surprenants. On y retrouve par exemple des livres, des insectes et autres spécimens traduisant et synthétisant très bien l’identité et la personnalité de la créatrice ainsi que son univers imaginatif. 

Mythologie ténébreuse 

Née proche du village de Jérôme Bosch, un peintre flamand, Iris Van Herpen s’est nourrie des figures mystiques et allégoriques de l’artiste. Aujourd’hui, les émotions comme la peur se retrouvent dans ses pièces chimériques et hybrides, mêlant nature humaine et animale. La littérature et les expositions aussi vont lui insuffler la volonté de réinterpréter les mutations du monde. 


Nouvelle nature

La couture d’Iris Van Herpen est souvent qualifiée de futuriste. En effet, elle présente un monde de nature imaginaire, un monde de demain, tout en s’inspirant de notre société actuelle obnubilée par le virtuel. Les collections “Escapism”, “Voltage” et “Syntopia” font le lien entre la technologie, les sciences et autres disciplines. Le vêtement vient métamorphoser le corps qui le porte. Ainsi, la mode dispose d’une toute nouvelle définition. 

Voyage cosmique 

Le cosmos et les découvertes que l’homme a pu faire au cours de l’histoire attisent la créativité d’Iris Van Herpen. Cet espace repousse les limites de l’imagination, offre de nouveaux horizons à sa couture. La créatrice nous emmène en voyage grâce aux couleurs, à des corps et tenues exposés en lévitation. 


Article rédigé par Jade HENRY

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