Le 9 Février, Métamorphose a eu l’opportunité d’aller visiter le temps d’une après-midi l’ENSAIT à Roubaix, afin d’en apprendre plus sur l’univers du textile. Mais qu’est-ce que l’ENSAIT au juste ?

Fondée à Roubaix en 1881, l’École nationale supérieure des arts et industries textiles est l’une des 204 écoles d’ingénieurs françaises, à elle seule, elle forme 60% des ingénieurs textiles français. A notre arrivée là-bas, ce sont les associations COLORIL et ENSAIT FASHION qui nous ont accueilli et nous ont fait rentrer dans leur univers.
Tout d’abord, comment ne pas être émerveillé par les bâtiments historiques de l’école, qui datent du 19ème siècle. Les bâtiments de l’école ont été restaurés avec soin pour préserver leur architecture d’origine, tout en offrant des installations modernes pour les étudiants. L’ENSAIT dispose également d’un musée du textile, qui présente l’histoire de l’industrie textile dans la région de Roubaix.
La visite guidée de l’école a commencé par une présentation de la formation dispensée aux élèves ingénieurs. Nous avons ainsi appris que l’ENSAIT offre une formation pluridisciplinaire dans des domaines tels que la chimie, la physique, la mécanique, l’informatique et le design textile. Les élèves ingénieurs peuvent également choisir des options spécialisées dans des domaines tels que la teinture, la finition, la production et la gestion de la qualité.

La visite a également inclus une visite des laboratoires de l’école, où nous avons pu observer des expériences en cours. Les élèves ont à leur disposition un équipement de pointe utilisé pour la recherche, tels que des spectromètres de masse, des microscopes électroniques et des machines de test de résistance. Dans l’atelier filature, nous découvrons les différentes étapes de création du fil, de la matière première, la fibre, au moment où le fil s’enroule autour de la bobine, et toutes les étapes que ce dernier doit traverser. Saviez-vous qu’il fallait 25 km de fil pour confectionner un t-shirt ?

Après l’étape du filage, vient celle du tissage dans notre visite, un enchevêtrement de fils de façon perpendiculaire. Selon la tension à laquelle le tissage est réalisé, il permet de créer un tissu d’une rigidité et du solidité extrême, pouvant parer un choc balistique et ainsi participer au blindage d’un véhicule par exemple. Si avant toutes ces étapes se faisaient à la main, les choses ont beaucoup évolué aujourd’hui : les étudiants travaillent sur des logiciels leur permettant de programmer en amont leur cadre de tissage, les motifs et les couleurs, tout est envisageable selon vos envies !

Notre troisième atelier de la journée : celui de tricotage ! Bien loin de ce qu’on pu nous apprendre nos grands-mères au coin du feu, nous avons face à nous des machines de plusieurs mètres de long avec des centaines d’aiguilles, toutes synchronisées, qui dans un mouvement uniforme créent sous nos yeux des pièces de tricot. La maille c’est une aiguille + un fil, mais c’est surtout une technique et une programmation pour atteindre le résultat escompté, comme celui d’un gant sans la moindre couture. Au-delà de l’esthétique, c’est toute la technique des ingénieurs textiles qui est mise en avant au travers de ce type de créations.
Enfin, nous avons été impressionnés par la diversité des projets en cours à l’école. Les étudiants rencontrés avons rencontrés travaillent sur des projets de développement de textiles intelligents, de textiles composites, de textiles durables et même de textiles pour l’espace. L’ENSAIT collabore également avec des entreprises du secteur textile pour développer des produits innovants. L’association COLORIL et ses trois pôles : broderie, transfert et série graphique, nous a présenté son lieu de travail et ses différentes façon de procéder. Leur carnet de commande plein à craquer nous montre le succès de leurs créations, qui vont du flocage dès pulls de promo à la personnalisation de supports à la demande des clients.

Dernière étape de notre visite, la salle de confection, autrement dit le repère de ENSAIT Fashion. Si les étudiants découpent encore les patrons à la main, cela n’est qu’une petite partie de leur travail, ils ont à leur disposition un tas d’outils numériques leur permettant de donner une nouvelle dimension à la création de vêtements. Un body-scanner leur permet de récupérer en 3D les dimensions de leur modèle, calculant ainsi avec précision ses mensurations. Le patronage peut alors être réalisé sur un logiciel de création avant d’être envoyé en salle de coupe. Et si vous ne souhaitez pas aller jusqu’à la création physique, pas de problème : un défilé virtuel sur un écran plat, c’est possible aussi. Le professeur qui nous accueille nous présente leurs dernières avancées : des textiles piézoélectriques, ou électrochromes, des tissus équipés de récupérateurs d’ondes NFC ou Wi-Fi et équipés de circuits RLC. Beaucoup de termes scientifiques qui sont le quotidien de ces étudiants ingénieurs, qui dès aujourd’hui créent les tissus intelligents de demain.
Nous tenons à remercier chaleureusement Madame Sarah DEBISSCHOP, qui nous a permis de faire cette visite et créer ces liens.