L’upcycling : Trend ou véritable changement ?

Apparu pour la première fois en Allemagne dans les années 90, le terme upcycling représentait la revalorisation de produits inutilisés en leur donnant un nouvel usage.

La réutilisation est de plus en plus présente ces dernières années dans une société où la consommation est maitresse de nos vies.

Il faut différencier l’upcycling du recyclage car si ce dernier diminue la valeur du bien ou au mieux la rend égale, l’upcycling lui, ajoute une valeur ajoutée au produit. L’upcycling est présent dans l’industrie de la mode mais également dans d’autres comme dans la décoration.

L’upcycling, dans quel but ?

Chaque année, 4 millions de tonnes de vêtements sont jetées, dont 70% incinérées. En moyenne, nous ne portons que 10 fois un vêtement avant de s’en débarrasser. En effet, la majorité des gens portent des vêtements issus de la Fast Fashion, destinés à être de mauvaise qualité. La plupart des personnes pensent à acheter le plus de vêtements possibles à un petit prix pour les porter très peu et les changer le plus rapidement possible pour se plier aux tendances changeantes. Lorsque les gens se débarrassent de leurs vêtements, ils les revendent avec des plateformes comme Vinted, les donnent, ou dans la plupart des cas les jettent. Le gaspillage vestimentaire est alors une des principales causes de la destruction de l’environnement. Pour contrer ce gaspillage accru, les designers ont opté pour la réutilisation de vieux bouts de tissus et plus largement de matériaux pour leur donner une seconde vie. Ainsi, la montée en popularité de l’upcycling permet alors de réduire ce gaspillage en donnant une nouvelle vie à des matériaux condamnés à être jetés.

Une mode « circulaire » ?

En plus de réduire les désastres environnementaux du textile, l’upcycling constitue également un enjeu social et économique dans le cadre de l’économie circulaire.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

A l’encontre de l’économie linéaire qui est dominante aujourd’hui (extraire, produire, consommer, jeter), l’économie circulaire consiste à produire de manière plus responsable des biens et des services, en évitant le gaspillage et la surconsommation. Cette économie en pleine expansion vise alors à mieux utiliser les ressources naturelles en limitant au maximum l’impact environnemental.

Le terme de « Mode circulaire » vise donc à une production plus éthique tant au niveau des matières que la manière de produire. En effet, de plus en plus de marques utilisent des tissus recyclés et relocalisent leur production pour limiter au maximum leur impact environnemental. La mode circulaire comprend alors le secteur de la seconde main avec la mise en avant des friperies et des plateformes comme Vinted, mais donc aussi de l’Upcycling.

Quelles marques en sont déjà adeptes ?

Martin Margiela, le précurseur

Défile automne-hiver 2015

Le créateur peu adepte des codes, est l’un des premiers à avoir utilisé des pièces recyclées dans ses collections notamment dans celles de 1989,1991 et 1992. Il n’utilisait pas seulement des bouts de tissus ou des boutons mais des matériaux de toute catégorie comme du plastique ou encore des stylos.

Un certain nombre de marques s’est spécialisé dans l’upcycling afin de proposer de nouvelles alternatives :

Salut beauté

Jupe Salut beauté en collaboration avec Carel disponible sur l’e-shop de la marque

Salut beauté est un e-shop spécialisé dans l’upcycling qui crée des pièces respectueuses de l’environnement et uniques. Lors de son lancement en 2020, l’e-shop avait l’idée d’être une marque engagée dans l’environnement dans un contexte où l’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde. Ses pièces sont de plus principalement issues de matières premières françaises.

Récemment, elle a réalisé une collaboration avec la célèbre marque de souliers parisiens Carel.

Gigi Paris

Collier Chanel upcyclé

L’e-shop Gigi Paris, spécialisé dans les bijoux upcyclés et vintage, propose une large sélection issue de récup. Des boutons des grandes marques de luxe telles que Chanel, Dior ou encore Gucci sont utilisés pour créer colliers, boucles d’oreilles ou bracelets. La marque a fait beaucoup parler sur Instagram.

Marine Serre

Comment parler d’upcycling sans citer la célèbre créatrice Marine Serre !

Collection printemps-été 2022

La créatrice lauréate du concours LVMH 2017, possède parmi 4, une gamme Green qui est spécialisé dans l’upcycling.

En 2020, près de 50% de sa collection printemps-été était faite de chutes de tissu, comme de vieux jeans ou nappes.

Elle tient à cet aspect éco-responsable de la mode car elle a toujours chiné et redonné vie à de nouvelles pièces, ce qu’elle a voulu continuer en créant sa marque.

Mitaines upcyclées

Cycl’One, la friperie skemienne

Création en coton upcyclée de Cyclone

Les étudiants membres de l’association Enactus et du projet Cycl’one, proposent des vêtements de seconde main et des articles Upcyclés.

Des ventes au sein de l’école vont être régulièrement organisées pour mettre en avant la mode upcyclée !

Dans un contexte d’après pandémie et de renouveau de la consommation, l’industrie de la mode tente de nouvelles techniques moins polluantes face à l’excédent de production . Habitués à surconsommer, un changement est en train de se transmettre pour endiguer cette surconsommation. Cependant, dans un monde incitant à la surconsommation, il est difficile de changer son mode de fonctionnement. En effet, les réseaux sociaux participent à cette soif de consommation en se présentant tous les jours avec de nouvelles pièces offertes par les marques de fast fashion qu’ils ne reporteront plus. Même si certains prônent un mode de consommation plus sain il est difficile de s’en détacher. Alors l’upcycling, rêve ou réalité prochaine ?

Ecrit par Sarah Jacquemin

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