Vivienne Westwood : l’enfant terrible de la mode

A l’origine de la démocratisation de la mode punk, Vivienne Westwood s’en est allée le 29 décembre 2022 : retour sur la vie de l’enfant terrible de la mode.

Vivienne Westwood en 1977 alors âgée de 36 ans

Originaire du Derbyshire en Angleterre, sa famille décide de déménager à Londres lorsqu’elle est âgée de 17 ans. Malgré son attrait pour le milieu artistique, elle décide de débuter des études pour devenir institutrice après avoir étudié la mode à Harrow School University durant un trimestre. Mais, la création lui trotte toujours dans la tête et pendant les trois années où elle va enseigner, elle décide de vendre durant son temps libre ses propres bijoux au marché de Porto Bello.

Vivienne Westwood devant sa boutique « Sex » avec son T-shirt inspiré de la chanson « God save the Queen »

C’est dans les années 70, lorsque la mode punk anglaise est en plein essor et que Vivienne rencontre Malcolm McLaren, que sa créativité va se réveiller. Cette relation avec Malcolm, un antisystème qui pense que la mode doit être utilisée comme revendication politique va bouleverser le style de la créatrice. Ensemble, ils créent une boutique baptisée au départ « let It rock » mais qui en 10 ans va changer plusieurs fois de noms. Vivienne confectionnait alors principalement des t-shirts avec des customs se révélant souvent provocateurs et politisés.

Vivienne Westwood avec Sid Vicious

Malcolm étant manager des Sex Pistols, donna l’opportunité à Vivienne de créer toutes leurs tenues de scène ce qui l’avait fortement mise en avant car le groupe profitait d’une très grande médiatisation à l’époque. Cependant, elle n’avait pas encore sa marque à ce moment de sa vie et était en quelque sorte sous l’emprise de Malcolm car il se considérait comme le « génie » et elle seulement comme la « coutière ».

Défilé « Pirate » pour la collection Automne-hiver 1981

C’est à partir de 1981 que Vivienne Westwood entre pleinement dans le monde de la mode avec l’organisation de son premier défilé à Londres nommé « Pirate ». Ses pièces étaient assez différentes du style punk présent dans ses créations auparavant. Ses silhouettes étaient asymétriques, fluides avec une explosion de couleurs et une mise en scène théâtrale. Elle utilisait l’histoire en la faisant vivre à travers ses designs. Ce premier défilé aussi atypique que réussi était assez différent de ce qu’on pouvait voire à l’époque. En effet, il y a eu un avant et un après « Pirate » qui bouleversa le monde la mode et inspira de nombreux créateurs comme John Galliano et Alexander Mcqueen.

Corset imprimé avec la toile « Daphnis & Chloe » de François Boucher au défilé « portrait » collection Automne-Hiver 1990

En 1987, elle apparait avec des pièces du style New Romantic inspiré du XVIIe et XVIIIe siècle qui utilisent le Harris Tweed, son tissu signature encore visible dans ses designs aujourd’hui. Si bien qu’en 1990, elle utilise des inspirations du XVIIIe dans la plupart de ses collections et rend hommage aux grands peintres de ce siècle tels que François Boucher avec la collection « portrait ». Elle change donc totalement de style en s’éloignant du punk et de l’antisystème. Cet éloignement, va causer sa rupture avec Malcom car pour elle, la mode avait un réel pouvoir pour changer les choses et non pas seulement être contre le système.

Vivienne Westwood à la remise de « the Order of British Empire » en 1992

Cependant, Vivienne Westwood continuera tout de même de choquer lors de différents évènements. Elle est notamment arrivée sans sous-vêtements à la remise de « the Order of British Empire » par la reine d’Angleterre ce qui a été perçu comme un manque de respect ultime. Puis, elle fera également défiler Kate Moss seins nus en 1993 ce qui choqua l’industrie de la mode mais marqua les mémoires.

Depuis les années 2000, elle affirme sa prise de position pour le changement climatique en prononçant cette célèbre phrase « consumption is the enemy of culture ». Elle a également participé à de nombreuses campagnes avec Green Peace et a reçu le « Swarowski Award for positive change » en 2018. Elle milita ainsi jusqu’à sa mort pour un changement dans la consommation et une prise de conscience concernant le dérèglement climatique. Mais, on lui a reproché d’utiliser l’écologie comme élément marketing car elle produisait ses vêtements avec énormément de matières synthétiques.

Vivienne Westwood, pionnière dans la mode punk aura alors marqué les esprits avec ses designs non conventionnels en passant d’une boutique de T-shirts provocateurs aux podiums du monde entier.

Sarah Jacquemin

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